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 Education Nationale : réellement des postes à supprimer?

... ou des reconversions à faire?

  • Jérôme
  • Vendredi 18/04/2008
  • 20:28
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Le gouvernement ne cesse de clamer qu'il y a trop de fonctionnaires, que le coût de l'éducation est trop cher par rapport au service rendu (voir ici les interrogations de Xavier Darcos, ministre de l'éducation nationale), mais faut-il réellement supprimer des postes (ou ne remplacer qu'un départ à la retraite sur deux comme cela a été suggéré) ou réattribuer de nouvelles fonctions à certains postes de l'éducation nationale?

Je n'ai évidemment pas la réponse à cette interrogation, mais l'article de Luc Bronner paru sur le site du journal Le Monde m'a amené à me poser cette question. Article que je reprends ci-dessous :
 
"Réagissez vite s'il vous plaît Mr l'Inspecteur", "Moi personnellement je ne peux plus travailler dans ces conditions et je vous informe que j'ai un avenir devant moi, que j'ai un brevet, un bac et un métier à obtenir". En haut à gauche de la feuille, Jenny (tous les prénoms ont été modifiés), 15 ans, élève de 3e au collège Jean-Moulin d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), a écrit son nom et sa classe, comme s'il s'agissait d'une rédaction. L'écriture est ronde, appliquée. La lettre adressée à "Monsieur l'inspecteur". "Bonjour, commence-t-elle, j'ai l'honneur de m'adresser à vous pour vous faire part des conditions dans lesquelles nous, tous les élèves de ce collège, travaillions."

L'orthographe et la syntaxe sont hasardeuses mais c'est un appel au secours, celui d'une adolescente qui désespère de ne pas pouvoir travailler dans la sérénité. "Des élèves à l'intérieur et à l'extérieur du collège s'amusent à jetter des bouteilles remplies d'acide, des poubelles, des oeufs, des tomates... sur les élèves", raconte la jeune fille, décrite comme une excellente élève par ses professeurs. "Et encore ce n'est pas tout !, poursuit-elle. Nous ne sommes pas en sécurité ! Il y a des agressions physique et verbale. Dans ce collège, des élèves s'amusent à interrompre les cours d'autres élèves (...). D'autres sèchent leurs cours et trainent dans les couloirs, se mèttent à crié comme des sauvages. D'autres saute la grille."

"RÉAGISSEZ-VITE, MR L'INSPECTEUR"

Une soixantaine d'élèves de 4e et 3e du collège ont écrit à l'inspecteur d'académie de Seine-Saint-Denis pour l'alerter sur la situation de leur établissement. Des lettres souvent émouvantes - les plus longues font une page et demie, les plus courtes deux lignes. Des lettres qui traduisent leur désarroi et leur souffrance face à la violence ordinaire d'un collège "sensible" de la banlieue parisienne.

Des lettres d'adolescents traumatisés par les derniers débordements dont ils ont été témoins : mardi 8 avril, une dizaine de jeunes se sont présentés devant l'établissement. D'abord pour "faire un blocus" - sans doute pour copier les lycéens qui protestent contre la baisse des moyens et les réformes portées par le ministre de l'éducation nationale, Xavier Darcos.

Mais la situation dégénère. Avec des poubelles, ils tentent d'enfoncer le portail. Puis ils jettent dans la cour de récréation des bouteilles contenant de l'acide et de l'aluminium - un mélange explosif dont la recette circule sur Internet. "Deux bouteilles ont explosé. Ça a fait un bruit énorme et de la fumée blanche", raconte un enseignant. Profitant de la confusion, les assaillants montent à l'étage, jettent des oeufs dans les salles de classe. En plein cours. Devant des collégiens médusés et effrayés.

"Ils portaient des capuches mais on en a reconnu une partie : la plupart étaient d'anciens élèves, exclus définitivement de l'établissement", témoigne une enseignante, Alexandra Bonvalot. Les professeurs choisissent de "débrayer" et de réunir les élèves dans la cour. Préviennent les parents. Un professeur de français, Emmanuel Tridant, 38 ans, propose de faire réagir les collégiens en leur demandant d'écrire à l'inspecteur d'académie.

Le lendemain matin, les adolescents livrent une parole brute, qui dépasse l'épisode violent de la veille. Fatima, une élève de 3e, dit avoir très peur. "Heuresement que l'année prochainne je ne serai plus la. Ma soeur si et sa m'inquiette car c'est pas la première fois que sa arrive. Il y a toujours des bagarres, du rackettage (...)." Nora, une 3e souvent absentéiste, décrit sa vision très sombre de l'établissement. "Des anciens élèves du collège rentre dans le collège en vélo pour faire le bordel, l'année dernière ils ont brûlés la segpa (la cage d'escalier de la section d'enseignement adapté avait été détruite). Les toilettes sont salle il y a même pas de papier toilette. Dans les salles les tables sont sales car il ya des écritures dessus, des cheewing-gum collé partout."

Rima s'inquiète de l'effet de contamination des comportements violents : "Les élèves qui ne sont pas des perturbateurs on tendance à se fair influencer", raconte-t-elle. "Des gréves et des agressions perpetuel envahissent notre quotidien". D'autres évoquent les bagarres collectives : "Certain élève se font cafouiller", écrit un élève de 4e, en précisant que cela signifie "tapé 1 éleve a plusieure". "Les conditions de travaille sont désespérable", ajoutent deux élèves de 3e, néologisme involontaire à l'appui.

Charlotte, aussi en 3e, exprime son "ral bol" et son impatience. "Réagissez vite s'il vous plaît Mr l'Inspecteur pour trouver des solutions à tout ces problèmes." Des idées, les élèves en ont presque tous. D'abord octroyer plus de moyens au collège - comme le demandent par ailleurs les enseignants à travers des grèves ou des manifestations, fréquentes depuis trois ans. "Il ne faut plus dissoudre de postes de professeur car sinnon l'éducation des elèves est très menacée", note, par exemple, Mike, en 3e. Beaucoup réclament plus de surveillants.

Mais c'est l'exigence de fermeté, voire de répression, qui apparaît la plus forte. Nayla, élève de 3e, suggère d'installer des caméras de vidéosurveillance "un peu partout dans le collège" afin de ne plus avoir peur dans les couloirs. "J'aimerais que il y a la police (à côté de l'entrée)", explique un 4e. "Nous exigeons des grille fermé, des porte blindé et une tenue classe pour montrer une bonne image pour l'année prochaine dans le collège", écrivent Karim et Christophe.

Un 4e pense que "les éducateurs devrait être plus sévèr en vers les élèves". Tous veulent des contrôles plus efficaces à l'entrée pour limiter les entrées intempestives d'adolescents extérieurs. Jenny a le dernier mot. Elle qui pense à son avenir, à son brevet, à son bac, sait ce qu'il faut. Deux mots en bas de sa feuille à gros carreaux, sans une rature, écrite d'un seul trait, d'un seul souffle : "Plus d'autorité !"

Luc Bronner (LeMonde du 19.04.2008)

Je trouve cet article assez révélateur du manque de moyens qu'il y a dans certains collèges et lycées, et où les problèmes de discipline sont quasi permanent... Alors que la devise Française nous parle de LIBERTE, d'EGALITE et de FRATERNITE, il me semble qu'au moins 2 de ces termes sont bafoués au regard de cet article...
Avons nous réellement tous la même chance d'étudier dans des conditions décentes?

Je trouve ça assez choquant de voir que des élèves de collège parlent d'installer des caméras dans les couloirs ou de demander à être escortés par des policier au lieu de penser à étudier  s'amuser au collège (en récréation bien entendu...). Il n'y a rien qui vous choque vous?!

Commentaires

Xavier Darcos met en cause le coût de l'éducation par rapport au service rendu

Article tiré du Monde.fr :

Le ministre de l'éducation, Xavier Darcos, défend sa réforme et met en cause le coût de l'éducation par rapport au service rendu à la nation, dans un entretien à France-Soir publié vendredi 18 avril. Il s'interroge sur certaines options coûtant "extrêmement cher avec une utilité sociale limitée". "Il n'est pas possible de se désintéresser de ce que coûte l'éducation à la nation et de qu'elle obtient en contrepartie des dépenses auxquelles elle consent", déclare le ministre.

"DÉTERMINATION INTACTE"

"Le lycée français est sans aucun doute trop dispersé, avec un nombre d'options considérables, dont certaines coûtent extrêmement cher avec une utilité sociale limitée", affirme-t-il, sans préciser toutefois quelles options sont visées par ses propos.

Il voit par ailleurs "un aspect rituel dans les manifestations [de lycéens], qui montrent que le système ne va pas bien, qu'il y a une souffrance qui ne sera pas réglée en ajoutant ou en supprimant des enseignants". Face à ce mouvement, le ministre affirme que sa "détermination est intacte" et qu'il a "évidemment le soutien du président de la République et du premier ministre".

L'article dans son cadre original.